Après deux mois, l’enregistrement du Podcaaast est devenu un rituel. Arnaud et moi nous connaissons depuis bientôt quinze ans, presque la moitié de notre vie. Notre amitié repose sur un certain art de la conversation : nous sommes en désaccord profond sur des sujets fondamentaux, mais nous cherchons moins à nous convaincre mutuellement qu’à faire tourner nos méninges. Nous lisons, nous interrogeons, nous écrivons, pour avoir le plaisir de faire avancer la conversation.

Le fil est plus distendu depuis que nous habitons à 400 kilomètres l’un de l’autre, même s’il ne se passe pas sur une semaine sans que l’un ne dépose quelques mots dans la messagerie de l’autre. D’une blague moquant les interminables talk shows américains, l’interjection « podcaaast ! » est devenue un projet. Quel meilleur moyen de nous assurer de passer une heure par semaine à discuter de tout et surtout de rien qu’en mettant un micro entre nous deux ?

Un salarié du secteur de la health tech et un journaliste spécialiste des « nouvelles » technologies peuvent difficilement éviter les sujets techniques, mais il ne s’agit pas de faire la chronique des nouveautés. Nous voulons seulement poursuivre nos conversations sur les interfaces humain-machine, ce que l’outil fait à la main, la morale du design et le design de la morale, parmi d’autres sujets.

Ce n’est pas le Podcaaast Tech, c’est le Podcaaast. Une vague ambition, une vaste ambition. Je crois que cela nous correspond bien.

Regarder

Formula 1: Drive to Survive (James Gay-Rees, Paul Martin, Sophie Todd). Je crois que DTS est plus intéressant lorsque l’on n’a pas suivi la saison. De cette manière, ce « documentaire » peut se regarder comme l’œuvre de fiction qu’il est devenu.

Over the Moon (Glen Keane, John Kahrs). D’accord, c’est de la propagande chinoise un peu lourde. Mais bon, c’est mignon quand même.

Crazy Delicious (Optomen). Heston Blumenthal, principal « juré » de cette énième émission de téléréalité culinaire, a reçu autant de distinctions qu’il a refilé la diarrhée à ses clients. Crazy Delicious prétend mettre un jardin dans un studio d’enregistrement, mais célèbre la déconnexion la plus totale entre la terre et l’assiette. L’un n’est peut-être pas complètement étranger à l’autre.

Bob’s Burgers (Loren Bouchard). Pour ma dose de Big Louise Energy.

This Is a Robbery: The World’s Biggest Art Heist (Colin Barnicle). Le documentaire décousu sur le monde de l’art, qui ajoute le désordre à la confusion pendant trois épisodes et demi, semble être un genre ?

The Lady in the Van (Nicholas Hytner). Je ne sais toujours pas quoi penser du dédoublement d’Alan Bennett, l’auteur du livre et de la pièce narrant l’histoire presque vraie de Mary Shepherd, la lady in the van qui a passé quinze ans dans son allée. Je sais quoi penser de l’interprétation subtile, véritablement tragicomique, de Maggie Smith.

The Irregulars (Tom Bidwell). J’ai été intrigué pendant les cinq premières minutes, et puis la « musique » m’a sorti de l’ambiance.

The Mitchells vs the Machines (Mike Rianda, Jeff Rowe). Je me suis toujours demandé s’il était possible de retourner les algorithmes de YouTube non pour suggérer les vidéos captivant l’attention de dizaines de millions de spectateurs, mais pour les concevoir. The Mitchells vs the Machines satisfait ma curiosité : voici venu le temps des films en forme de mème, ou des mèmes en forme de film, et la critique est dupe.

Playtime (Jacques Tati). À chaque fois, ou presque, je découvre de nouveaux détails. Je crois que je ne me lasserait jamais de Tati.

Mythic Quest (Charlie Day, Megan Ganz, Rob McElhenney). Les premiers épisodes de la deuxième saison sont incroyablement corrosifs dans le contexte du procès opposant Apple à Epic. De la vraie bonne comédie, qui n’est pas drôle pour être drôle, mais pour faire passer la pilule amère du commentaire social acerbe.

Écouter

Winter Is For Lovers (Ben Harper), Music Between Gigs (Jens Jefsen), Entendre (Nik Bärtsch), Notes With Attachments (Pino Palladino), Zoop Zoop (The Fergus Quill Trio), Going Up (Snorre Kirk), et surtout Luminosa (Anat Cohen).

Lire

Hamnet est l’un des plus beaux romans que j’aie lus ces dernières années. J’ai enfin lu The Old Man and the Sea. J’ai été déçu par Genius Makers, aussi frustrant que le champ qu’il décrit, et enragé par Working Backwards, un ouvrage écrit par des managers pour des managers. Par ailleurs, je retiens ces articles :