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Lentement (26)

J’avais préparé un laïus sur l’incapacité flagrante d’une grande partie de mes confrères à prendre la mesure du danger représenté par les tribulations de l’escroc au crâne remplumé et au bide délardé qui joue à leur faire peur avec l’argent de la banque et le salaire de milliers de personnes1. Mais mon éducation catholique a pris le dessus, et après une énième quinte de toux, j’ai ressenti le besoin d’acquitter ma conscience de bon matin2. Je suis revenu avec un test positif.

Je suis déçu de perdre mon adhésion au CDC-CEE alors même que j’avais réservé mon troisième rappel, mais je suis surtout déçu par mon Apple Watch Ultra. Rétrospectivement, il est assez évident que je ne trainais pas qu’un gros rhume :

Je vais bien, tout va bien.

Ces dernières semaines, l’application Santé m’a annoncé fort sérieusement que 1) j’avais dormi huit heures pendant trois nuits d’affilée et cela méritait bien une notification 2) je passais moins d’« heures debout » depuis que j’avais un bureau devant lequel je ne peux pas m’assoir et 3) j’ai beaucoup marché pendant la semaine de congés que j’ai passé à marcher. C’était, semble-t-il, plus important que de remarquer que j’avais le palpitant aussi frémissant que la caboche.

Les appareils pseudomédicaux collectent, collectent, et collectent encore. Je comprends l’intérêt des fabricants (attirer les capitaux du secteur assurantiel en faisant miroiter la promesse de la « médecine préventive »), je comprends l’intérêt des assureurs (affaiblir les empêcheurs de facturer en rond que sont ces quelques toubibs qui sont encore capables de voir une personne derrière les symptômes), je comprends même l’intérêt des gouvernements libéraux (désinvestir les services publics en prétextant qu’ils ne sont pas assez proches des « consommateurs »). Mais pour l’utilisateur, le patient, l’humain ?

Cette approche mécaniste, scientiste même, nie la molle réalité biologique. Nous ne sommes pas du software, nous sommes du wetware ! Je ne veux pas voir de chiffres, je ne veux pas voir de courbes, je ne veux même pas voir d’anneaux. Je veux seulement savoir, en quelques mots, si je dois porter une attention particulière à tel ou tel point d’après mon âge/mes antécédents/mes tendances. C’est peut-être le sirop qui parle, mais je veux qu’un petit médecin dans mon téléphone me récite un haïku. Un peu de poésie dans ce monde de brutes, bordel.

Notes

L’ambiance de Mastodon me rappelle furieusement celle de Twitter en 2007, alors je me suis permis de bloguer comme en 2007, en expliquant comment relayer des billets de blog sur Mastodon avec IFTTT. Depuis son acquisition par la holding Sodival, qui possède Cultura par le biais de filiale Socultur, Vivlio a les moyens de ses ambitions. En remportant Bookeen à l’encan, l’entreprise lyonnaise s’offre la possibilité de s’émanciper de PocketBook et de concevoir ses propres liseuses.

Après quelques mois d’interruption, j’ai repris la publication des notes de dégustation du « café du dimanche ». Lugat est allé chercher un étonnant café au parfum de ketchup et au gout de groseille dans la banlieue de Nairobi. Je ne sais pas ce que Jérôme fait dans sa Brûlerie Verte, mais je sais une chose, c’est qu’il le fait merveilleusement bien, comme le prouve une nouvelle fois son Tarrazú. Le blend « The Full Monkeys » peut se boire sans que l’on s’en rende compte, et je ne suis pas sûr que cela soit un compliment.

Photos

Coïncidence de la programmation : la façade du charmant troquet Guitó, à deux pas de l’université de Barcelone, est barrée de la même manière que celle des éditions Maisonneuve, à deux pas de l’université de la Sorbonne. Un mur blanc n’est pas forcément un mur stérile, comme le montre cette photo prise au MACBA, mais un mur coloré peut avoir de vagues connotations soviétiques, comme le montre cette photo prise à Berlin à Lyon.

Departures

J’ai bien cru que je n’allais pas réussir à dénicher vingt titres entre électro et jazz. Le calendrier des sorties semble s’être arrêté au moment où paraissaient les premiers best-of de l’année, et j’ai déjà mis de côté des albums qui ne sortiront pas avant le mois de février ! Alors cette fois, j’ai laissé le hasard faire, et les morceaux ne sont arrangés dans aucun autre ordre que celui de mes découvertes au fil du mois. Cela fonctionne… bien ?

Podcaaast

Les épisodes du podcaaast se suivent et se ressemblent… jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas. Nous avons souvent besoin de quatre ou cinq épisodes pour faire le tour d’un sujet, et j’ai comme l’impression que ce n’est pas la dernière fois que nous discuterons des conséquences des modèles d’apprentissage automatique sur la création artistique. Avant d’ouvrir un nouveau cycle, nous avons enregistré un épisode de notre fameux Accidental Productivity Podcast. (Et puis, je veux dire, ce titre !)


  1. Aucun — du moins, aucun autre que celui qu’ils créent, c’est dire si le danger est immense. Twitter est un cirque médiatique qui croit être le théâtre de la vie, l’acquisition de Twitter est une stratégie de diversion médiatique de la part d’un grand dadais qui ne connait rien d’autre que le bruit et la fureur, les conséquences supposées de Twitter sur la qualité des débats démocratiques sont proportionnelles à l’orgueil des « responsables » politiques et inversement proportionnelles aux compétences des « professionnels » de l’information. Oui, finalement, il suffisait d’une note de bas de page pour résumer la situation. ↩︎

  2. Et par « j’ai ressenti le besoin d’acquitter ma conscience de bon matin », je veux dire « je suis reparti du bureau deux minutes après mon arrivée, le temps d’annoncer que je venais d’être déclaré comme “cas contact”, et puis de toute manière je devais passer à la pharmacie »↩︎